AUTONOMISATION ET INTEGRATION SOCIO-PROFESSIONNELLE DES JEUNES.

Les compétences et l’emploi des jeunes sont des éléments fondamentaux du Programme de développement durable pour l’après 2030 et des 17 objectifs de développement durable. L’une des cibles de l’objectif 4 vise à augmenter considérablement, d’ici à 2030, le nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat.

Au Burundi comme ailleurs, l’éducation et la formation sont des facteurs importants de succès sur le marché du travail.  Malheureusement, les systèmes actuels ne parviennent pas toujours à répondre aux besoins des jeunes dans le domaine de l’apprentissage. Leur transition des études à l’emploi est devenue de plus en plus incertaine. En outre, les femmes et les jeunes handicapés sont davantage confrontés au chômage et aux faibles salaires. Ces catégories sont aussi plus nombreux à travailler à temps partiel ou avec des contrats à durée limitée.

Selon une étude récemment publiée par le CENAP, entre autres préoccupations,  les jeunes aimeraient vivre dans des conditions acceptables.  57,3% des jeunes considérés par l’étude ont convergé sur le besoin de vivre et grandir en paix sans se soucier des problèmes de leur  sécurité. Les jeunes se disent aussi désintéresser par la politique : plus de 70%  n’éprouvent aucune envie d’adhérer à un parti politique, comme l’a révélé l’enquête. Bien que désintéressés par la politique, les soucis matériels et l’angoisse croissante suite au chômage les hantent et cela les expose souvent aux drogues, au désespoir, à l’usage de la force, à la violence, aux addictions, aux manipulations des politiciens véreux quand ils tâtent le marché de l’emploi, et s’adonnent aux toutes sortes d’options illégales, mais qui dans l’avenir sont truffées de conséquences nuisibles à leur avenir.

Sans nul doute, les jeunesses démontrent désormais qu’ils sont mûrs, aux idées claires, et sont capables d’impulser des changements  là où ils vivent s’ils ont une tribune pour s’exprimer

Cette tribune doit s’accompagner d’une approche qui répondrait de manière objective aux attentes des jeunes burundais,  qui offrirait des mécanismes visant l’accès à l’emploi et aux crédits, qui dégagerait des options adaptées pour leur permettre de faire face à un environnement  de plus en plus précaire et concurrencé, qui les détache enfin  du sentiment d’insécurité pour l’avenir en contrant les jeunes à opter pour des secteurs facilement pourvoyeurs d’emplois ( chez les jeunes éduqués et qualifiés) et l’attachement à la terre, à  l’origine de la concentration de la population active dans l’agriculture de subsistance dans un pays où, suite à la pression démographique, les exploitations agricoles se sont amenuisées (pour les jeunes ruraux et nos qualifiés), alors qu’ils peuvent s’essayer dans d’autres domaines, cette approche constituerait la clé de voute pour l’autonomisation des jeunes au Burundi.

EYE entend surtout promouvoir l’insertion socio-professionnelle des jeunes en visant l’ensemble de discours, de politiques et de pratiques sociales qui  peuvent engager tous les acteurs appartenant à différents champs de l’espace social.

Cette insertion doit référer plutôt, dans la plupart des cas, à des indicateurs tels le taux de chômage, le taux de placement en emploi ou le taux d’activité. L’insertion des jeunes constitue davantage un processus dynamique qui caractérise le passage du système éducatif à une position d’activité relativement stabilisée.

D’autres préoccupations devront être dans le viseur des interventions de cet Axe d’intervention entre autres :

La correspondance formation-emploi ; les conditions, les situations et les  comportements individuels face au marché du travail ; le focus, les objectifs ou projets de vie ; le choix objectif de la formation, l’accompagnement dans les premières expériences professionnelles ; la manière dont les jeunes contribuent au facteur sociologique (les facteurs économiques, politiques, culturels, géographiques et démographiques) et leur inter-influence psycho professionnelle (les facteurs liés à la construction de l’identité personnelle et professionnelle) ; leur contribution à la promotion et de décentralisation d’institutions pouvant offrir des formations et d’entreprises permettant d’acquérir de l’expérience ainsi que des politiques gouvernementales favorisant la création d’entreprises ;  leur rôle dans la réglementation des activités liées à l’emploi, telles les mesures légales associées au salaire et à l’assurance-emploi qui peuvent influencer grandement le degré de réussite de la démarche d’insertion des jeunes,  à la division du travail selon le sexe, à la remise en question des croyances liées à l’éducation et aux changements technologiques, à la quantité et la qualité des expériences sociales vécues par le jeune ainsi que sa mobilité géographique, a la proportion de plus en plus élevée de femmes sur le marché du travail, au taux de natalité…etc.

Parmi les approches connexes à  cet axe, EYE prévoit concentrer ses interventions :

Aux stages de préformation professionnelle et  de remise à niveau scolaire et d’aide à la recherche d’emploi ;  au développement des collaborations partenariales avec des entreprises du domaine de la production artistique en vue d’arrimer les jeunes aux milieux susceptibles de les accueillir, à la mise en contact des jeunes avec un marché de travail lié à la production artistique pour leur offrir des possibilités d’emplois liés à leur vocation créatrice ; à un travail d’orientation qui devra cibler des emplois ou des formations dans un domaine particulier de la création artistique et de mieux concrétiser leur projet professionnel, souvent lié aux possibilités d’un travail créatif de nature artistique.

Certaines initiatives s’avèrent déjà efficace pour impacter la sphère de la jeunesse chez EYE

  • Création de groupements et clubs (EJO CLUBS) qui sont des cadres de travail en équipe, de créativité et d’esprit d’innovation, de conception flexible des tâches, d’analyse de résolution des problèmes en équipe ;
  • Cadres d’exploitation des opportunités académiques et professionnelles en faveur des jeunes (les opportunités de stages et de bourses académiques) ;
  • L’accompagnement de l’auto-emploi dans le cadre de micros, petites et moyennes entreprises, ainsi que des activités à haute intensité de main-d’œuvre ;
  • La promotion de cadres de coopération jeunes – operateurs économiques et autres investisseurs ;
  • Le plaidoyer en faveur d’un fond de garantie pour accompagner les investissements  qui permet l’accès ressources financières remboursables à long terme pour le soutien d’une croissance économique soutenue et que celles-ci soient gérées efficacement et dans le respect des principes de bonne gestion ;
  • Mise en œuvre d’initiatives visant la promouvoir le bien-être communautaire par le relèvement du secteur informel et du monde rural ;
  • Le perfectionnement professionnel et le changement positif des mentalités qui entravent le développement communautaire ;
  • Permettre l’exploitation des TIC pour une meilleure intégration socio-économique des jeunes ;
  • Organisation de concours / compétitions des idées novatrices en guise d’identification des nouveaux focus et le développement et l’exploitation des talents chez les jeunes ;
  • Développer l’intégration professionnelle sur le marché du travail dans la sous-région ;
  • La promotion de la femme par l’emploi pour les femmes et les catégories sociales marginalisées et les jeunes handicapées,

Etc…